Editorial

" L'honneur et la responsabilité de succéder à Chantal Décosse "

  

 

C'est un grand honneur pour moi de succéder à Chantal Décosse en tant que 1er Secrétaire départemental du MRC dans les Pyrénées-Orientales.

Chantal a su maintenir le cap de notre mouvement durant sa période la plus difficile avec notamment les critiques injustes suite aux présidentielles de 2002, et la désertion de notre ancien responsable local...

En effet, dans les Pyrénées-Orientales, le MRC a continué de faire entendre sa voix lors des scrutins locaux et nationaux, mais également en organisant des conférences thématiques de grande qualité afin de permettre le débat dans une grande union de la gauche : une idée très chère à Chantal.

 

C'est également une importante responsabilité qui m'incombe, car plus que jamais, nos concitoyens ont besoin d'idées et de valeurs républicaines. Il appartient au MRC 66 de continuer à se développer afin de proposer des solutions efficaces pour notre territoire et ses habitants.

 

Dans cet objectif, je peux compter sur l'ensemble des membres du MRC avec Chantal en tête, ainsi que Philippe Xancho (nouveau trésorier départemental et régional du mouvement), et tous ceux qui accepteront d'être les référents thématiques (éducation, relations avec les syndicats, sécurité, relations avec les partis...) lors de notre prochaine réunion en janvier.

 

 

Olivier Amiel

republique66@gmail.com

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Marie-Françoise Bechtel (MRC)

Fait remarquable pour tous ceux qui ont participé à la campagne référendaire de 2005 : cette adhésion à l’Europe de Bruxelles par le « plus jamais ça » était le fait de l’électorat âgé, et très rare était au contraire cette motivation dans l’électorat jeune. Les sondages post électoraux ont pleinement confirmé ce clivage en le résumant à peu près ainsi : les premiers voyaient dans la construction communautaire la fin des guerres, les seconds la montée du chômage. Je me souviens avoir ainsi entendu Stéphane Hessel expliquer lors d’une conférence publique qu’on ne pouvait être que pour le traité de Lisbonne quand on avait connu les camps. Et j’entends encore une étudiante en plein quartier latin me dire : « l’Europe ? J’ai compris : mes parents sont sans emploi depuis dix ans ».

Aveuglement

Jusqu’à quand une génération aveugle qui a passé le relais aux quinquagénaires bourrés de bien-pensance et plus sensibles au confort de leur pensée qu’à la détresse des classes populaires tiendra-t-elle ainsi les tribunes où se fait l’opinion ? Jusqu’à quand l’aveuglement sur la marche réelle de l’Europe « unie » continuera-t-il, à coups d’austérité prolongée et de déni de la démocratie à servir de drogue dure à la classe politique et médiatique ? Eh bien peut-être après tout, jusqu’à la crise grecque.
Pour ne pas voir les effets réels de la « construction » européenne, il aura fallu depuis au moins trente ans un aveuglement tout particulier. Passons sur la montée depuis les années 80 de l’extrême-droite notamment dans l’Europe du Nord au fur et à mesure que la « construction européenne » se fait plus présente dans la vie de tous les jours. Passons encore sur le fait que la crise mondiale si proche de la crise de 1929, dans sa version européenne – crise des dettes, crise de l’euro, installation de la récession - devrait plutôt sonner l’alarme dans les esprits de ceux qui ont connu l’avant-guerre. Oublions le fait que la mise de la Hongrie au ban de l’opinion a lieu non parce que ce pays a renoué avec le droit du sang cher au chancelier Hitler, en se proposant de faire voter les « Hongrois de souche » de nationalité étrangère et résidant à l’étranger, mais parce que son dirigeant a voulu, crime très supérieur, reprendre en mains la banque centrale. Et faisons enfin semblant de ne pas voir le rôle du marché et des groupes industriels les plus puissants, les mêmes que ceux qui ont préféré l’Europe nazifiée au danger socialiste et communiste, et les mêmes toujours, éternellement les mêmes, auxquels les institutions européennes, Commission, Cour de justice, Parlement même apportent un indéfectible soutien.

Il reste aujourd’hui que le peuple grec est dans la rue. Et que le héros du combat antinazi, Manolis Glezos « repart en résistance » comme le titre la presse. « Résistance des peuples démocratiques unis » qu’il vient de créer avec Mikis Théodorakis donne une belle leçon aux croyants de l’Europe commerciale de Jean Monnet propulsée au rang de rempart contre les guerres. Non, Glezos n’est pas le « Stephane Hessel grec » comme le dit Libé. Beaucoup plus lucide, il a compris que l’Union européenne était une machine à engendrer les pires dévoiements. On ne pourra plus dire désormais que l’Europe met fin au combat contre les dictatures : c’est l’Europe dans sa marche actuelle qui risque de mener à la dictature. La boucle est bouclée.

 

 

16 février 2012

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