Editorial

" L'honneur et la responsabilité de succéder à Chantal Décosse "

  

 

C'est un grand honneur pour moi de succéder à Chantal Décosse en tant que 1er Secrétaire départemental du MRC dans les Pyrénées-Orientales.

Chantal a su maintenir le cap de notre mouvement durant sa période la plus difficile avec notamment les critiques injustes suite aux présidentielles de 2002, et la désertion de notre ancien responsable local...

En effet, dans les Pyrénées-Orientales, le MRC a continué de faire entendre sa voix lors des scrutins locaux et nationaux, mais également en organisant des conférences thématiques de grande qualité afin de permettre le débat dans une grande union de la gauche : une idée très chère à Chantal.

 

C'est également une importante responsabilité qui m'incombe, car plus que jamais, nos concitoyens ont besoin d'idées et de valeurs républicaines. Il appartient au MRC 66 de continuer à se développer afin de proposer des solutions efficaces pour notre territoire et ses habitants.

 

Dans cet objectif, je peux compter sur l'ensemble des membres du MRC avec Chantal en tête, ainsi que Philippe Xancho (nouveau trésorier départemental et régional du mouvement), et tous ceux qui accepteront d'être les référents thématiques (éducation, relations avec les syndicats, sécurité, relations avec les partis...) lors de notre prochaine réunion en janvier.

 

 

Olivier Amiel

republique66@gmail.com

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Je fais tout à fait confiance à Mme Lagarde pour continuer à mettre en oeuvre à la tête du FMI la politique d'austérité renforcée Merkel-Sarkozy.
 

Jean-Pierre Chevènement

  
L'article de l'Archipel contre-attaque est à lire : ici

 

 

Affaire DSK: "c'est comme ça qu'a commencé l'affaire Dreyfus" (Chevènement), 19 mai 2011, 18h16.

Le président d'honneur du MRC (Mouvement républicain et citoyen) Jean-Pierre Chevènement "n'exclut aucune hypothèse" dans l'affaire visant Dominique Strauss-Kahn, en soulignant que "c'est comme ça qu'a commencé l'affaire Dreyfus"

"Il faut défendre la présomption d'innocence", a-t-il déclaré dans l'émission "Parlons en", diffusée dimanche sur LCP et disponible dès jeudi sur son site internet.

"Le système accusatoire américain, c'est-à-dire l'alimentation de la presse, des médias, par la police de façon à faire plier l'accusé me paraît quelque chose qu'il ne faut surtout pas transposer à la France, comme M. Sarkozy en avait manifesté l'intention quand il a proposé la suppression du juge d'instruction", a dit le sénateur du Territoire-de-Belfort.

"Je n'exclus aucune hypothèse. On peut très bien soudoyer une personne, je connais l'existence d'officines louches. Je sais que ça existe", a lancé l'ancien ministre de l'Intérieur, qui "n'exclut pas" l'hypothèse d'une machination.

M. Chevènement "ne dit pas cette jeune femme n'a pas aussi subi des traitements inacceptables, s'ils étaient avérés. C'est aussi une possibilité. On peut aussi réserver d'autres hypothèses qui relèvent de la pathologie".

"Mais dans le moment présent, il faut avoir un principe clair", à savoir la défense de la présomption d'innocence. "C'est comme ça qu'a commencé l'affaire Dreyfus, je vous rappelle ! Au départ, presque tout le monde le condamnait et il a fallu de longues années pour qu'il soit innocenté".

"J'espère que Dominique Strauss-Kahn a de bons arguments à produire. Pour le moment, je ne les ai pas entendus, sauf à travers une lettre où il proclame son innocence", a ajouté M. Chevènement.

En 1894, le capitaine Alfred Dreyfus, de confession juive, avait été condamné pour trahison avant d'être finalement innocenté 12 ans plus tard.


Je connais Dominique Strauss-Kahn depuis trente ans. Sur beaucoup de sujets, je n'ai pas été et je ne suis toujours pas d'accord avec lui. Mais le coeur ne peut que se serrer devant ces images humiliantes et poignantes qu'on donne de lui. Un effroyable lynchage planétaire ! Et si c'était une monstrueuse injustice ? 

Un homme politique est toujours exposé à la provocation. C'est la première réflexion qui m'est venue à l'esprit : Dominique Strauss-Kahn est inculpé sur le témoignage d'une femme de chambre, un unique témoignage forcément fragile. Et, dans le système accusatoire américain, il doit faire la preuve de son innocence ! Beau système en vérité, que le président de la République, en voulant supprimer il y a deux ans, le juge d'instruction, rêvait sans doute d'importer en France. Certains avocats assurément y auraient trouvé leur compte ! Mais la présomption d'innocence là-dedans ?

 

Jean-Pierre Chevènement

Dans les P.-O., le parti chevénementiste change de ton et semble clairement passer à l'attaque. Le MRC 66 (Mouvement républicain et citoyen) vient en effet de distribuer quelques milliers de tracts aux messages musclés dans autant de boites aux lettres de la 1ère circonscription des Pyrénées-Orientales.

Oui, celle du bouillonnant député UMP Daniel Mach. Au recto de ce document : une caricature qui ne fera pas sourire tout le monde puisqu'on y voit le député-maire de Pollestres coiffé d'un bonnet d'âne et qualifié de 'député-fainéant'.

Au-dessus, un bandeau où figure le premier secrétaire départemental et régional du MRC, conseiller municipal perpignanais d'opposition Olivier Amiel, et ce slogan : 'Olivier Amiel avec J.-P. Chevénement, la gauche qui aime la France'. Si ça sent pas les échéances électorales, ça...

 

MAI 2011-1

Entretien aux Inrockuptibles sur mai 1981: "Nous étions très confiants en nous-mêmes"
Les Inrockuptibles: Quel rôle avez-vous joué dans le processus qui a mené François Mitterrand au pouvoir en 1981 ? 
Jean-Pierre Chevènement :
 Ce fut un travail de longue haleine. Il faut remonter à 1971et au congrès d’Epinay pour comprendre le rôle décisif que le Ceres a joué dans l’accession de François Mitterrand à la tête du nouveau PS, tremplin de sa candidature à la présidentielle en 1974 et 1981. Le Ceres, le Centre d’études, de recherches et d’éducation socialiste a été fondé en 1966, peu après la fin de la guerre d’Algérie, par quelques jeunes gens, Georges Sarre, Didier Motchane, Alain Gomez, Pierre Guidoni et moi-même, qui pensaient qu’il était temps de tourner la page du vieux monde et de fonder une France réellement socialiste au cœur de l’Europe. Nous avions lu Léon Blum, Karl Marx et Karl Kautsky, et bien d’autres, les austromarxistes (mouvement politique et philosophique des sociaux-démocrates autrichiens Otto Bauer, Rudolf Hilferding, Max Adler, Karl Renner, etc. qui s’intéressa notamment à la question nationale et à l’impérialisme – ndlr) notamment… Bref, nous étions des forts en thèmes, mais en même temps, nous étions des gens très particuliers : gaullistes pour les institutions et la politique étrangère, et ultra socialistes sur le plan économique et social. On pouvait nous qualifier de gaullistes de gauche et même d’extrême gauche ! En Algérie, j’étais un officier loyaliste, j’ai combattu l’OAS à Oran et mon premier vote a été pour de Gaulle en 1962,lors du référendum pour l’élection du Président de la République au suffrage universel. Nous avons donc organisé ce petit laboratoire, un courant de pensée, mais aussi d’action. Grâce aux postiers socialistes emmenés par Georges Sarre, nous avons pu prendre la tête de la fédération de Paris dès 1969. Ce qui nous a permis de rompre avec une gauche molle, une gauche de compromis, personnifiée alors par Guy Mollet. Une conception du socialisme que nous avons rejetée en 1969 à travers un livre- pamphlet qui s’intitulait Socialisme ou social médiocratie, tout un programme… 


Revenons à Epinay… 
Sans l’appoint de la motion du Ceres (8,50% des voix), François Mitterrand, qui n’avait pas 45% des mandats, n’aurait pas pu accéder au poste de Premier secrétaire du PS. Pourquoi l’avons-nous soutenu ? Parce que c’était l’homme de l’union de la gauche, soutenu par le PCF comme candidat unique de la gauche lors de l’élection présidentielle de 1965. C’est à moi que Mitterrand a confié la rédaction du programme du PS pour 1974 « Changer la vie » et j’ai également participé sur cette base à l’élaboration du programme commun de 1972 avec le Parti communiste.

Comment s’est passée cette négociation ? 
Fort bien. J’étais en charge des questions économiques. J’avais face à moi le négociateur du PCF, Henri Jourdain, ancien ouvrier devenu membre du bureau politique. Il ne m’a pas fait beaucoup de difficultés, parce que les principales nationalisations étaient dans le programme socialiste. C’était réglé dès avril 1972. Il y avait Marchais, Mitterrand, les Radicaux de gauche que nous avions associés pour la forme, et Sarre et moi, qui rayonnions de joie… Certes, le programme commun n’est pas un chef d’œuvre de littérature, c’est un texte un peu pâteux, on a déjà fait mieux… La conclusion de l’accord a donné lieu à une grande manifestation où l’on avait réuni les deux slogans des deux principaux partis sur une même banderole, « Vivre mieux » pour le PCF, et « Changer la vie ». pour le PS. « Changer la vie », c’était Rimbaud, et c’est moi qui l’avait remis dans le circuit. 

Lorsque le programme est signé, François Mitterrand donne une de ces directives dont il avait le secret : « le plus possible de programme commun, le moins possible de réunions communes ». Porte de Versailles, donc, nous faisons tout de même une réunion devant 100 000 personnes. Mitterrand fait un discours quasiment sans notes, inspiré, très beau, presque totalement improvisé, où il cite Aragon, tandis que Marchais débite un texte fleuve très structuré, préparé pendant des jours et des nuits à la virgule près et approuvé par le comité central. Puis la foule immense se dissipe dans la nuit…. L’année suivante, aux législatives, le Parti socialiste fait 21%, juste derrière le Parti communiste (22%), et François Mitterrand, candidat unique de la gauche, frôle la majorité en 1974 à 49%. 

Comment a réagi le PCF ? 
Mal. Il a pris peur. Face à son hégémonie sur la gauche menacée se mettent alors en place les conditions d’une rupture interne à la gauche, d’autant qu’au sein du PS, un certain nombre de gens définissent une orientation politique qui n’a rien à voir avec celle du programme commun. C’était la tendance de Michel Rocard qui qualifiait bientôt Mitterrand, d’«archaïque ». C’était au soir de la défaite de la gauche aux législatives de mars 1978. 

Tout était à refaire ? 
Oui, D’autant que le Ceres a dû faire face à une petite traversée du désert. Mitterrand qui nous craignait un peu m’avait dit en 1974 avant le Congrès de Pau, « si vous dépassez 20% des mandats, je vous mets en minorité ». Nous avons fait 25%, il nous a mis en minorité. On y est resté quatre ans, de 1975 à 1979. Nous étions en pénitence…. Cette crainte pouvait se manifester de manière plus plaisante. Un soir, en 1973, lors d’un dîner où Dalida était présente, Mitterrand avait dit à ma femme, Nisa, qui est née au Caire : « Il ne faut pas que Jean-Pierre me prenne pour Neguib et qu’il se prenne pour Nasser ! » (Neguib est le général qui a renversé le roi Farouk en 1952, avant d’être lui-même renversé par le Raïs deux ans plus tard, ndlr). Cela dit, nous étions des amis de François Mitterrand, nous avions tissé des liens d’étroite connivence dès 1966, mais nous n’étions pas ses féaux. Nous n’avons jamais fait partie de la petite troupe qui, chaque année, gravissait derrière lui la roche de Solutré. Le ridicule de cette procession nous faisait doucement rigoler…. 

Après cette période aride, comment s’est produit le retour en grâce ? 
En 1979, Mitterrand s’est tourné à nouveau vers nous au congrès de Metz où il lui fallait encore une majorité. Il avait 40% sur sa motion, il lui fallait les 15% de voix du Ceres. Nous avons donc reconstitué en 1979 la motion d’Epinay, pour barrer la route à la deuxième gauche incarnée par Michel Rocard qui avait alors rallié Pierre Mauroy à sa cause. Au congrès de Metz, notre appui a conduit Mitterrand à donner un grand coup de barre à gauche. Il me charge d’ailleurs de rédiger le projet socialiste. Mitterrand fait la préface, qui dit un peu le contraire du texte, mais enfin…. Nous allons ainsi à l’élection, Bérégovoy est chargé d’extraire du projet les 110 propositions comme autant de pépites qui vont guider l’action du Président élu, qui fera entrer quatre ministres communistes au gouvernement dans le second gouvernement Mauroy, en juin, au lendemain des législatives. Avec les communistes, les négociations du programme commun avaient duré à peine un mois. Mitterrand avait accepté qu’on nationalise Rhône Poulenc, Pechiney, Saint Gobain, Thomson, La CGE, bref, tous les grands groupes qui font aujourd’hui le CAC 40. 

Quelle est votre part dans ces fameuses 110 propositions ? 
Les nationalisations, toutes les mesures sociales, le relèvement des allocations familiales, tout ce qui concerne les libertés publiques, toutes ces mesures sont marquées du sceau « made in Ceres ». Mais certaines propositions nous laissèrent un peu plus froids: l’idée qu’il fallait convaincre sans contraindre pour créer le grand service public unifié et laïc de l’Education nationale (GSPULEN) nous laissait sceptiques. Mais enfin, on ne peut pas avoir raison sur tout… 

Pas de liberté sans contrainte ? 
J’ai toujours voulu que la gauche soit une gauche ordonnée. J’avais étudié à l’occasion d’un film sur Russel avec un peu d’effroi l’extraordinaire bordel de la Commune de Paris. Pour l’ordre, je faisais confiance à Mitterrand. D’ailleurs il est allé dans notre sens - nous n’étions pas contre la décentralisation, nous étions favorables à des foyers d’initiatives locales, à condition que l’Etat conserve ses prérogatives. C’est d’ailleurs moi qui ai fait en sorte que les préfets conservent leurs noms, et ne deviennent pas de simples « commissaires de la République ». Il est étonnant de remarquer à quelle vitesse Mitterrand, dès son accession au pouvoir, a repris à son compte les Institutions de la Vème République et endossé son costume présidentiel. Lors du premier Conseil des ministres, la métamorphose était patente : visage de marbre, il a interdit les interventions qu’il n’autorisait pas et autres échanges de petits papiers. Inutile de dire que dans ce domaine les mauvaises habitudes ont vite repris le dessus… 

Vous vous considérez comme le tenant d’une ligne ? 
Nous étions des soutiens du Président, des amis, mais nous restions des non-alignés. Nous voulions, comme De Gaulle, que la France pèse son poids dans l’Europe et dans le monde. Ça ne nous empêchait pas d’être très à gauche sur le plan des nationalisations. Nous étions les tenants d’un socialisme industriel, un socialisme qui saurait redonner à la France une base productive et une politique ambitieuse dans l’ordre social et international. Nous étions pour la force de dissuasion à laquelle nous avons rallié le PS dès1978. 

La ligne des premières années du septennat, c’est la vôtre ? 
Nous avions joué un rôle essentiel pour mettre Mitterrand au pouvoir et faire adhérer au PS des dizaines de milliers de militants qui étaient venus par notre canal. François Mitterrand avait bien conscience de notre poids. Notre but n’était pas de remplacer Mitterrand, mais d’influer sur lui, nous croyions à la force de l’union de la gauche, à une dynamique populaire, nous pensions que la mécanique des choses ferait que notre ligne l’emporterait. Nous étions très confiants en nous-mêmes. Nous avions sous-estimé la puissance des institutions. Mais en même temps, nous avons apporté un soutien loyal au Président, qui a pu compter sur nous, comme Napoléon a pu compter sur les mamelouks (membres d’une milice toute-puissante en Egypte du XIIIe au XVIe siècle ; une partie se rallia à Napoléon lors de la campagne d’Egypte en 1800 – ndlr) … Mitterrand, dans les premières années, a été fidèle à la ligne que nous avions tracée ensemble. La grande question qui a agité la première partie du septennat était : fallait-il ou pas sortir du système monétaire européen pour avoir une économie plus compétitive, pour pouvoir exporter plus et importer moins, quitte à laisser filer le franc ? C’était ma thèse, j’étais ministre d’Etat (de la Recherche, puis de l’Industrie à cette époque, ndlr). J’étais pour les nationalisations à 100 %, à l’inverse de Rocard, qui considérait que 51% suffisaient. Ma thèse l’emporte pour une raison très simple : il s’agissait de nationaliser les holdings de tête. Si on ne l’avait pas fait à 100%, on aurait eu des minorités de blocage dans toutes les filiales, on n’aurait rien pu faire, rien restructurer. Mais je me suis heurté très vite à des difficultés : quand Mitterrand décide l’« autonomie de gestion » pour les entreprises nationales, ça complique singulièrement ma tâche de ministre de l’Industrie. Nous avons tout de même pu restructurer la chimie, l’électronique, la téléphonie, etc., bref, on a fait du grand Meccano industriel. Tous ces groupes plus ou moins moribonds, on leur a remis du jus, donné des vitamines, apporté des capitaux. A preuve, sous Balladur lors des privatisations, ils vont se revendre trois fois le prix que nous les avons achetés. 

Un scénario de rêve… 
A l’époque, ce n’est pas très facile de dire à ces groupes : écoutez, il faut que vous investissiez en France, que vous construisiez des usines, alors qu’ils sont déjà dans une logique de multinationales. Je n’ai pas eu tous les moyens pour les en empêcher, d’autant qu’il y a eu l’Acte unique, soit la libre circulation des mouvements de capitaux, y compris avec les pays tiers, qui a créé les bases objectives du développement du capitalisme financier. Les capitaux pouvaient se déplacer où ils voulaient à la vitesse de la lumière, et les travailleurs, eux, étaient assignés à la glèbe. La logique du désert industriel de la France et des délocalisations est déjà contenue dans les textes des traités de Luxembourg (ou Acte Unique, 1985) et de Maastricht (1992), qui combinent un logiciel européen et un logiciel néolibéral. L’Acte unique, c’est l’application à l’échelle de notre continent de la politique de Thatcher et de Reagan. C’est pourquoi j’ai pris mes distances. J’ai démissionné du gouvernement en mars 1983. 

Vous en voulez à François Mitterrand ? 
Je ne lui en veux pas, parce que j’ai été témoin de ses hésitations. François Mitterrand, qui n’était pas un grand économiste devant l’Eternel, a réuni tous ses ministres compétents, pendant plusieurs semaines lors de l’hiver 1982-1983 pour chercher à se faire une opinion. Il était très sensible à l’influence de Jean Riboud, un des fameux « visiteurs du soir », selon l’expression de Mauroy, et dont j’étais moi aussi, ainsi que quelques autres.... In fine, il a été influencé par Fabius, alors ministre du Budget, qui lui a dit qu’une sortie du système monétaire européen serait très difficile, selon le directeur du Trésor et le gouverneur de la Banque de France. Il propose alors le poste de Premier ministre à Delors, qui lui pose des conditions inacceptables : il veut Matignon et les Finances. Mitterrand revient finalement à Mauroy - un coup de Mauroy, et ça repart… 

Des remords ? 
En 1983, lorsque je quitte le gouvernement, j’espère qu’il ne s’agit que d’un épisode passager. Je n’ai pas vu clair, pas vu que nous allions vers l’Acte unique, la libéralisation des capitaux, la dérégulation, l’essor du capitalisme financier, puis vers la réunification de l’Allemagne et la création de la monnaie unique imposée par Mitterrand à Helmut Kohl. Je sens bien, pourtant, que la « parenthèse libérale », comme la définit Jospin, ne va pas se refermer de sitôt. 

Des souvenirs du mai 1981 ? 
Je suis à Solférino, j’apprend vers 17h30 que c’est gagné et je ne suis pas surpris. Autant en 1974, je n’étais pas très optimiste, autant en 1981, je savais que Mitterrand avait déjà réussi un coup exceptionnel au premier tour contre Marchais (15%, contre 26 %, un sacré décrochage). Et puis, c’est un euphémisme, Chirac ne jouait pas la victoire de Giscard. Je l’avais vu avec Georges Sarre en 1979 à la mairie de Paris, des contacts s’en étaient suivis avec Edith Cresson et Pierre Bérégovoy. Avec Chirac, on avait fait la liste des points d’accord entre nous, mais pas des désaccords… Sur les institutions, la Défense, la politique étrangère, nous avions de larges plages communes. J’avais rendu compte de ces contacts à Mitterrand, qui avait filé le bébé à Edith. Il y a eu un dîner rue Saint Guillaume chez un ami commun, et ensuite, Bérégovoy à pris en charge le suivi de cette… liaison. Mais notre programme offrait aussi de larges convergences avec les gaulliste : c’est moi qui ai conseillé à Mitterrand de faire venir Michel Jobert au gouvernement et de confier certaines responsabilités à Paul Marie de la Gorce, Pierre Dabezies et quelques autres. C’était une forme d’ouverture avant la lettre… 

Vous avez partagé la liesse du soir du 10 mai ? 
Je suis allé à la Bastille, il y a eu un orage terrible, du tonnerre, des éclairs, des trombes d’eau, comme un présage funeste de ce qui allait se produire par la suite… J’étais avec ma femme, nous avons fait du stop pour nous mettre à l’abri, un type s’est arrêté, visiblement un type des banlieues, il était torse nu au volant et nous a dit « je veux bien vous prendre, mais il faut me dire d’abord pour qui vous avez voté ! » « Pour Mitterrand, bien sûr ! Et vous ? » « Oh moi, je n’ai pas voté, je ne suis pas inscrit ». J’ai mesuré alors le chemin que l’esprit public avait encore à parcourir. Ce serait long et difficile. Après la douche tiède de la victoire, ce fut pour le coup une douche froide.

La CGT police vient de déposer plainte à la suite de la découverte dans les locaux de l’infirmerie de la CRS 58 de Perpignan d’une affiche représentant Adolf Hitler, effectuant le salut « romain » ( plus précisément rebaptisé au XX ème siècle salut nazi), apprenions nous lundi.

L’auteur de cet affichage n’aurait pris qu’un simple blâme, comme l’a indiqué le secrétaire départemental du syndicat. Le parquet de Perpignan aurait ouvert une enquête, les autorités auraient été alertées le 15 janvier dernier. Selon le représentant syndical, l’infirmerie est un lieu ouvert au public où sont reçu les candidats sollicitant un emploi dans la police nationale.

 

Ainsi, outre le caractère intolérable et abject de cet acte perpétré au sein même d’un service de police, une compagnie dite « REPUBLICAINE » de sécurité, la première image qu’un postulant va retenir de son futur métier, est celle d’Hitler. Curieux et honteux amalgame…

 

Ce triste  fait divers suscite plusieurs observations :

 

-L’auteur, après enquête approfondie, n’est pas digne de rester dans la police nationale et doit en être exclu sans délai ; un blâme ne suffit pas et une sanction aussi « douce » ternirait  l’autorité de la hiérarchie et la rendrait pratiquement complice.

 

- Cet acte n’a été rendu possible qu’à la suite des dérives verbales couramment proférées par les plus hautes autorités de l’Etat , et notamment les ministres de l’intérieur successifs, parfois condamnés d’ailleurs pour propos racistes. Voici quelques mois c’était la chasse aux roms, aujourd’hui, c’est au tour des immigrés tunisiens. Certains éléments irréfléchis et égarés, dopés par de telles déclarations qu’ils prennent pour argent comptant font ainsi de la surenchère, certains de leur impunité.

 

- Ces faits sont graves, espérons qu’il s’agit d’une initiative solitaire mais ils sont révélateurs du climat actuel au sein même de l’institution policière : cuisant échec de la politique de sécurité, malaise grandissant de policiers désorientés, soumis à la culture du chiffre mais non du résultat ;

 

- Dans de telles conditions, comment peut-on encore espérer rétablir un lien de confiance, renouer le dialogue police-jeunes des banlieues ?   

 

Robert Folcher

Contrôleur Général Honoraire de la Police Nationale

Conseiller municipal MRC de Perpignan 

Robert Folcher par JM Artozoul
Robert Folcher, Contrôleur Général Honoraire de la Police Nationale et Conseiller municipal MRC de Perpignan, a écrit à l'ensemble des 226 maires du département afin de solliciter leur promesse de parrainage en faveur de la possible candidature de Jean-Pierre Chevènement aux élections présidentielles de 2012.
 
En effet, en raison de son audience particulière chez les élus locaux, Robert Folcher est chargé de porter auprès d'eux les idées du Mouvement Républicain et Citoyen dans le cadre des prochaines échéances électorales : Sénatoriales et Présidentielles.
 
Olivier Amiel
Secrétaire Départemental du MRC66
republique66@gmail.com 

Jean-Pierre Chevènement teste sa candidature pour 2012. A la demande du Mouvement républicain et citoyen (MRC), la formation dont il est le président d’honneur, l’IFOP a secrètement fait réaliser un sondage les 7 et 8 avril auprès d’un échantillon représentatif de 957 personnes (méthode des quotas). 

Concernant sa popularité, 56 % des personnes interrogées déclarent avoir une bonne opinion de Chevènement. Surtout, à la question « Quelle est la probabilité que vous votiez pour Jean-Pierre Chevènement s’il était candidat ? » 16 % répondent favorablement (dont 21 % des sympathisants de gauche). Certes, ce chiffre n’exprime pas des intentions de vote. Mais, se félicite Jean-Luc Laurent, le président du MRC, « cela démontre que son socle électoral est prometteur ». 

Au PS, le spectre d’une candidature Chevènement commence à inquiéter. Hier, dans un hôtel parisien, François Lamy, le conseiller spécial de Martine Aubry, a rencontré Jean-Luc Laurent pendant deux heures. Le lieutenant d’Aubry a répété son désir d’ouvrir la primaire socialiste à Chevènement. « C’est non », lui a répondu Laurent, qui a rappelé les points de désaccord. A commencer par l’euro, dont Chevènement veut changer les règles ou le nucléaire qu’il défend. Les ponts ne sont pas coupés pour autant. Un groupe de travail en vue d’un éventuel « accord de gouvernement » a été mis en place. Mais, juge Chevènement, sa candidature « est de plus en plus inéluctable », même si, dans une interview à « La Croix » d’aujourd’hui, il précise que s’il était socialiste, il soutiendrait Arnaud Montebourg aux primaires. Chevènement prendra sa décision « à l’automne ». 

En attendant, les préparatifs s’accélèrent. Après un premier courrier à 600 élus locaux pour recueillir les parrainages obligatoires en vue d’une candidature, un deuxième est prévu dans les prochains jours. Cette fois, le MRC s’adressera aux 36 000 maires de France. 

Le Parisien du 29 avril

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